| Comment aborder le sujet avec son médecin ? |
| Du point de vue de notre expert gynécologue : Professeur Marès, Professeur à la faculté de Montpellier, CHU de Nîmes. |
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| 1) « D’après votre expérience de gynécologue, les patientes souffrant d’incontinence, profitent-elles d’une consultation pour aborder le sujet de l’incontinence urinaire ou bien viennent-elles uniquement dans le but de parler de ce problème ? » |
| R : Lorsqu’une femme vient pour un problème d’incontinence, c’est qu’elle a déjà fait son propre diagnostique. Cependant la grande majorité des femmes n’aborde pas spontanément le sujet et elles ne consultent donc pas uniquement pour un problème d’incontinence car elles pensent qu’il n’y a pas de traitement.
Il faudrait améliorer le dépistage : pour cela le gynécologue devrait poser la question de l’incontinence urinaire aussi systématiquement que celle sur la date des dernières règles et ce, à chaque consultation.
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| 2) « En tant que gynécologue, dans quels cas conseillez-vous à votre patiente de consulter un urologue ? |
| R : L'urologue et le gynécologue ont des spécialités très proches. L'urologue est plus orienté vers des pathologies qui touchent les reins, les voies urinaires chez la femme et les voies génito-urinaires chez l'homme. Le gynécologue et l'urologue sont habilités à opérer les différents types d'incontinence d'urines chez la femme.
Dans certains cas l'avis urologique est nécessaire : devant une pathologie urologique rénale ou spécifique de la vessie ou pour des indications de sphincter artificiel par exemple, à contrario l'avis du gynécologue est indispensable lorsqu'il y est associée une pathologie de la statique pelvienne, ce qui est fréquemment le cas.
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| 3) Quelles sont les différentes réactions de vos patientes lorsque vous leur apprenez qu’elles sont sujettes à l’incontinence urinaire légère ? |
R : Cela dépend du moment de l’annonce.
Lors d’une grossesse, l’incontinence urinaire légère est souvent appréhendée comme un incident temporaire qui rentrera naturellement dans l’ordre. C’est vrai dans 80% des cas ! Il est alors primordial de proposer une « éducation périnéale » c’est-à-dire apprendre l’utilisation des muscles du périnée. Cette gymnastique doit être faite régulièrement pour éviter que les troubles réapparaissent à la ménopause.
En revanche, l’annonce au moment de la ménopause est bien moins acceptée car cela semble inéluctable et directement lié au vieillissement. Or, même à la ménopause, une prise en charge (traitement de rééducation, médicament et chirurgie) est possible et améliore la vie quotidienne.
Aujourd’hui, ce qui est nouveau ce sont les femmes sportives qui se trouvent concernées. Il convient de leur proposer le traitement adéquat. |
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| 4) Rencontrez-vous des patientes jeunes touchées pas ce problème ? |
| R : Oui, il y a en particulier des sportives et des jeunes femmes enceintes. 30% de femmes ont un épisode d’incontinence urinaire pendant et après la grossesse. |
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| 5) Abordez-vous le sujet de manière spontanée avec vos patientes ? |
| R : C’est un sujet que j‘aborde systématiquement lors de toutes consultations gynécologiques.
Les jeunes femmes n’osent pas en parler ou bien n’y pensent pas. Il est important de leur montrer qu’une prévention existe. Pour celles qui atteignent l’âge de la ménopause, je pose la question en l’adaptant en fonction de la personnalité de la patiente. Dans tous les cas on doit avoir une vraie réponse et l’encourager à s’exprimer. Par exemple, je leur demande ce qui a changé dans leur vie : quel sport pratiquent-elles, si elles en ont changé récemment et pourquoi… ainsi pendant l'examen je leur donne des explications pour utiliser leur muscle du périnée et je leur précise que cette rééducation assurant la fermeture du vagin peut réduire les risques de descente d'organes, d'incontinence d'urines et est particulièrement utile pour la sexualité sans aller plus loin en leur laissant la possibilité d'en parler plus longuement ou non.... ou à la consultation suivante.
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| 6) Quel est le niveau de connaissance des patientes sur le sujet de l’incontinence urinaire venant consulter ? |
| R : Leurs connaissances vont d’un extrême à l’autre. Certaines connaissent presque toutes les solutions et d’autres rien. En effet les femmes se renseignent aussi bien sur internet, dans la presse santé….. Bien que ce sujet commence à être abordé dans les médias, le gynécologue a vraiment sa place pour informer précisément sur le sujet et surtout il doit l’aborder avec chacune de ses patientes. |
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| 7) Vos patientes connaissent-elles les solutions existantes qu’il s’agisse d’opérations, de protections ou de traitements ? |
| La réponse ci-dessus est valable pour cette question également. |
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