Jouets genrés : faut-il acheter une poupée à votre garçon ?

Une victoire chaque jour
22/06/2021

Jouets genrés : faut-il acheter une poupée à votre garçon ?

Poupées, jeux de construction ou de société, les jouets véhiculent souvent les imaginaires des adultes. Alors comment laisser nos enfants se les réapproprier ? Avec des jouets moins genrés, et en laissant les garçons jouer à la poupée et les filles aux voitures s’ils le veulent !

Le rose pour les filles et le bleu pour les garçons sont toujours d’actualité. En 2015, une étude montrait que 89% des jouets dits «de fille» étaient de couleur rose. Mais que les jeux de science, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques étaient 3 fois plus susceptibles de cibler les garçons. Selon une étude parue en 2016, les jouets de fille ne sont que 22% à concerner un véhicule. Par ailleurs, si les jouets de garçon sont éclectiques (grand air, sport, science) ceux des filles concernent d’abord la sphère privée, la coopération ou le soin.

Le saviez-vous ? Au Royaume-Uni, le magasin de jouets le plus ancien au monde, Hamley, a abandonné l'étiquetage genré en 2012.

Une charte pour tout changer

En 2019, le gouvernement français a fait signer la « Charte d’engagement volontaire pour une représentation mixte des jouets » à toute la filière : fabricants, distributeurs, crèches, ludothèques ou même assistantes maternelles. Mais aussi par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA), qui s’engage notamment à « accorder une importance particulière à la question de la représentation mixte des jouets afin de lutter contre les stéréotypes ». Résultat ? Davantage de jeux scientifiques avec un emballage neutre. Enfin, moins de déclinaisons en rose et en bleu pour un même produit.

«Like A Girl», une publicité engagée contre les stéréotypes

En 2014, une campagne publicitaire de la marque Always réhabilitait l’expression «comme une fille», pour lutter contre les préjugés qui touchent les jeunes femmes dès le plus jeune âge, et qui minent leur confiance en elles. Le concept ? Demander à des jeunes femmes puis à des jeunes filles d’effectuer une activité «comme une fille», pour constater la différence d'interprétation de l’expression entre les différentes générations.

Des bonnes nouvelles pour le congé paternité !

Les papas ou co-parents aussi ont droit à leur moment privilégié avec leur enfant. Et repenser la durée du congé paternité représente déjà, pour les hommes comme pour les femmes, un premier pas vers la parité, et ça n’est que le début !

Le congé paternité, où en est-on en France ?

À titre comparatif, faisons tout d’abord un rapide rappel du congé maternité en France ! Il existe depuis 1946 pour permettre aux mamans d’arrêter de travailler avant et après l’accouchement. Depuis 1980, le congé maternité dure 16 semaines, dont 6 de congé prénatal et 10 de congé postnatal. Pendant tout son congé, qu’elle soit salariée ou travailleuse indépendante, du secteur privé ou public, la maman touche une indemnité à 100 % de son salaire versée par sa caisse d’assurance maladie.

Mais pour les papas, nous n’en sommes pas encore là ! Jusqu’alors, ils ne disposaient que d’un congé de naissance de 3 jours suivant l’accouchement puis d’un congé paternité de 11 jours calendaires consécutifs pour profiter de leur enfant. Ce congé peut être entamé n’importe quand durant les 4 mois qui suivent la naissance. Bien loin de faire le poids face au congé maternité ! Mais il y a du progrès dans l’air. Saviez-vous que depuis le 1er juillet, une nouvelle loi allonge le congé paternité pour les salariés jusqu’à 25 jours ? Et oui, il comprend même 7 jours d’arrêt obligatoires ! Vous pouvez aussi vous renseigner sur le site Ameli

Pour les travailleurs indépendants, le congé paternité est toujours compris entre 11 et 18 jours. Il reste encore du chemin à faire pour arriver à une parfaite parité, mais soulignons qu’il s’agit tout de même d’un bon début.

Notre voisine scandinave, la Suède, a quant à elle le modèle européen le plus généreux et équitable en proposant jusqu’à 16 mois de congés indemnisés pour les deux parents, dont 60 jours obligatoires pour chacun d’eux.

Le saviez-vous ?

  • La Suède est le premier pays en Europe à avoir instauré un congé tant pour les mamans que pour les papas en 1974 !
  • En Finlande, dès l’automne 2021, les papas auront aussi le droit, comme les mamans, à 7 mois de congés indemnisés après la naissance de leur enfant. Ils n’en disposent que de 2 pour le moment contre 4 pour les mamans.
  • Il existe aussi une loi en Europe qui permet de donner un congé parental supplémentaire de 4 mois à chacun des parents. Même s’il est moins bien rémunéré que les congés maternité et paternité, il laisse plus de temps aux parents pour s’occuper de leur bout de choux en bas âge, et ça, ça n’a pas de prix !

Et d’ici l’été 2022, tous les membres de l’Union Européenne devront mettre en place un congé paternité d’au moins 10 jours !

Et dans le monde ?

La situation est très disparate ! Et oui, tous les pays ne sont pas encore logés à la même enseigne : par exemple, les États-Unis ou même l’Allemagne ne disposent d’aucune politique en matière de congé maternité ou paternité. Alors que la Corée du Sud a le système de congé paternité le plus généreux au monde avec 53 semaines pour les papas ! La raison ? Le pays veut enrayer le déclin de son taux de fécondité.

Le congé paternité, un pas vers la parité

Normaliser le congé paternité, le reconnaître et l’allonger petit à petit a beaucoup plus de bienfaits qu’on ne le croit !

  • Prendre un congé paternité incite les hommes à assumer de manière plus équitable leurs responsabilités familiales. Les femmes ont une épaule sur laquelle s’appuyer davantage !

Le saviez-vous ? En France, seulement 7 pères sur 10 utilisent leur droit au congé paternité.

  • C’est un moyen efficace de réduire progressivement les inégalités salariales entre hommes et femmes. Ce droit à un congé pour la naissance d’un enfant est toujours considéré comme fondamental pour les mamans, mais pas pour les papas. Espérons que dans un futur proche, la marche entamée se poursuive pour que les femmes ne soient plus systématiquement les seules à s’arrêter de travailler pour prendre un congé !

Le saviez-vous ? Selon l’OCDE, seuls 4% des papas demandent un congé lorsqu’il est payé un tiers du SMIC.

  • Cela permet de briser petit à petit les stéréotypes de genres profondément ancrés dans nos sociétés : et oui, il n’y a pas que les femmes qui savent et doivent s’occuper d’un  bébé !
  • Cela permet de créer du lien entre le parent et l’enfant. Et pour son équilibre, c’est plus que bénéfique !

Laisser les enfants choisir

Selon une responsable de ludothèque, l’essentiel serait de laisser l’imagination des enfants travailler avec des objets basiques et neutres, comme des jouets en bois. Par ailleurs, il faut limiter les jouets qui font de la lumière et du bruit, car c’est l’enfant qui doit faire du bruit. Surtout, éviter les jeux symboliques qui imitent les adultes et reproduisent ainsi les anciens schémas sociaux.

Couleur, forme, emballage : en choisissant des jeux plus neutres pour nos enfants, nous leur permettons de rêver leurs propres rêves, et d’imaginer un futur meilleur et durable.

Vous souhaitez plus de solutions concrètes ? Voici d’autres secteurs où vous pouvez avoir un impact facilement !

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